N’ayons pas peur du symptôme !

 
La vie est une quête permanente d’équilibre et tout système vivant est régi par un ensemble complexe de processus adaptatifs qui tendent à maintenir cet équilibre relatif et toujours mouvant. Il est intéressant de noter que la marche, qui nous permet d’avancer, est une succession de déséquilibres particulièrement bien gérés.

Au niveau physiologique, le corps humain aussi n’a de cesse de gérer des déséquilibres en vue d’une adaptation optimale à notre environnement. C’est ce que l’on appelle l’homéostasie. Ce processus repose sur une énergie que l’on appelle « force vitale ». Comme toute énergie, elle est difficile à appréhender en tant que telle. Mais il est facile d’en observer les effets. Par exemple, vous êtes en train de couper des légumes pour préparer une bonne ratatouille et vous vous entaillez le doigt avec un couteau bien aiguisé. Même sans porter de soin particulier à la blessure, et en l’absence de nouvelle perturbation, celle-ci va cicatriser spontanément : le sang va coaguler, les chairs se refermer, la peau se régénérer…

Il est intéressant, à ce sujet, de noter que la cicatrisation peut être douloureuse : ça gratouille, ça tiraille, ça picote… parfois plus qu’au moment de la coupure elle-même.

Que se passe-t-il lorsque l’organisme subit un déséquilibre interne, une intoxication ou la prolifération de germes pathogènes ? Il va chercher de même à rétablir son équilibre par certaines manifestations de l’énergie vitale. La fièvre en est une, les éruptions cutanées, l’expulsion de mucosités ou de glaires, autant de signes généralement perçus comme des symptômes négatifs et que l’on cherche à éviter, alors qu’ils marquent justement le processus de retour à l’équilibre.

Le symptôme (lorsque l’énergie vitale est présente en quantité) est justement l’indicateur de l’autoguérison. Il signe le processus de retour à l’équilibre antérieur ou à un nouvel état d’équilibre. Plus l’énergie vitale est grande, plus le symptôme sera fort et le retour à l’équilibre rapide. En revanche, si l’énergie vitale est faible, il y aura peu ou pas de symptôme du tout et l’équilibre mettra beaucoup plus longtemps à revenir. Autrement dit, l’absence de symptôme est souvent la conséquence d’un état de dévitalisation plutôt que d’un état de santé.

Ce qui est vrai sur le plan physique l’est aussi aux niveaux énergétique, émotionnel, mental, spirituel, relationnel, social, éco-planétaire, cosmo-tellurique… Il suffit d’observer la nature pour s’en rendre compte. La météo en est un bel exemple : deux masses d’air à des températures et pressions différentes qui se rencontrent génèrent des intempéries « symptomatiques » d’une harmonisation à l’œuvre. La météorologie relationnelle suit des lois analogues puisque ces dernières concernent le vivant.

Qu’est-ce qui détermine, pour un déséquilibre donné, que le symptôme va affecter tel système plutôt qu’un autre ? Tout simplement, c’est le système le plus fragile qui va être mis à mal en premier. Par exemple, sur un déséquilibre de type manque de sommeil récupérateur, on peut imaginer des symptômes aussi divers que des troubles digestifs, une perméabilité au stress ou une hyper réactivité émotionnelle, des douleurs musculaires ou articulaires, une affection cutanée etc. selon le niveau de vitalité de l’ensemble des systèmes affectés par le déséquilibre.

De même, entre les différents plans de l’être, un déséquilibre émotionnel peut être somatisé au niveau physique (c’est l’exemple bien connu de la psychosomatique), de même qu’un désordre physiologique peut se manifester par un symptôme émotionnel (somatopsychique), mais plus largement tout déséquilibre d’un plan peut entraîner une réaction symptomatique à un autre niveau. Ainsi d’un déséquilibre relationnel, social ou environnemental s’exprimant au plan physique, ou énergétique ou émotionnel, voire mental ou spirituel et inversement, avec tout l’inconfort passager de la manifestation symptomatique.

Pourtant, il s’agit simplement de la réponse parfaite, selon l’intelligence du vivant, pour retourner à l’équilibre !

Alors quoi ! S’agit-il donc, lorsqu’un symptôme (inconfortable le plus souvent) se présente, de se croiser les bras et de souffrir en silence en attendant que « cela passe » ? Certes non ! Il existe mille et une manières (naturelles bien sûr) pour accompagner le symptôme et soutenir l’énergie
vitale afin de favoriser le processus d’autoguérison et c’est une posture toute différente ! Si l’on prend l’exemple d’une fièvre, il est très facile d’apporter de la chaleur par un bain, une bouillote ou une boisson chaude et soulager l’organisme dans son effort pour maintenir une température corporelle élevée, ce qui constitue le moyen le plus efficace pour soutenir l’action du système immunitaire et régler la cause du problème.

Encore faut-il accueillir l’inconfort et le traverser ! En cela, la conscience des processus à l’ouvre et de la logique du vivant (la bio-logique) est une aide précieuse.

Alors ne nous fions pas aux apparences et prenons de l’altitude pour voir, au-delà du symptôme, la Vie qui œuvre !

Virginie Bourgogne
Naturopathe
Cofondatrice de Naturilys

vel, quis, eleifend libero. adipiscing ipsum