La posture du naturopathe

 

                   Le naturopathe est souvent décrit comme porteur de 5 rôles, le premier étant un rôle d’enseignement. Oui, le naturopathe est avant tout un éducateur de santé. Hippocrate énonçait déjà il y a deux mille ans : « Docere ! », autrement dit « Enseigner ! » les principes de la santé, les lois du vivant. Or, comme l’illustrait justement Omram Mickaël Aïvanov, la transmission passe par l’incarnation des principes à transmettre, c’est-à-dire par une qualité d’être :

« Je vous amène vers le soleil pour que vous le preniez comme modèle. La vraie pédagogie, c’est que pour chauffer les autres, il faut être chaud, pour éclairer les autres, il faut être lumineux, pour vivifier les autres, il faut être vivant. Un vrai pédagogue doit émaner les qualités qu’il veut enseigner, il faut qu’il sorte de lui quelque chose de contagieux, de stimulant, d’irrésistible ! »

 

                    Par ailleurs, le naturopathe est un accompagnant sur le chemin de la santé. Ceci implique un mouvement, une dynamique, un cheminement et ce sont bien deux personnes qui cheminent : l’accompagné et l’accompagnant, le naturopathe et le sujet de la consultation.

 

                    Et dans cette interaction particulière, la juste distance constitue un élément primordial. C’est une posture que d’être attentif, à l’écoute, garant d’un cadre sans rigidité, soutenant mais aussi stimulant, tel un aiguillon qui pousse à sortir du connu, de sa zone de confort, à explorer de nouveaux possibles, à remettre en question des principes acquis de longue date…

 

Cette posture ne se transmet pas dans un cours formel, aussi interactif soit-il ; 
elle s’acquière par l’expérience et la pratique.

 

A Naturilys, dès la première année de formation, les stagiaires sont mis en situation d’expérimenter l’interaction accompagnant/accompagné.

 

                   Lors de la session d’octobre et pour la deuxième fois cette année, des personnes extérieures à la formation sont venues rencontrer la promotion 3 ; elles ont reçu un bilan de vitalité dont les stagiaires leur enverrons le compte-rendu dans les jours prochains.

                   Des ateliers sont également proposés en soirée, comme celui réalisé vendredi 18 octobre autour de l’anamnèse alimentaire. Les stagiaires de première année, dans le rôle du naturopathe, ont déroulé leur questionnaire alimentaire face aux stagiaires de troisième année qui ont ensuite partagé leur retour d’expérience. Ce que les étudiants de première année ont nommé à l’issue de cette proposition, c’est la prise de conscience de la nécessité et l’importance de tenir cette posture, de la confirmer par un questionnaire structuré, d’assurer une qualité de relation professionnelle.

                    Les stagiaires de troisième année, plus familiers de la pratique de l’anamnèse, ont néanmoins réalisé à quel point les questions alimentaires touchent à l’intime, et ne peuvent être correctement conduites que sur la base d’une confiance solidement établie dès le début de la consultation. Ils ont mesuré aussi, par cette mise en situation, combien la posture d’accueil bienveillant, non jugeant, relève d’une alchimie subtile et fragile et combien il est impliquant d’offrir un cadre propice à un échange de qualité.

 

Une fois cette confiance établie, le naturopathe peut assumer l’ensemble de ses fonctions,
à la fois la transmission, mais aussi la stimulation des processus d’autoguérison,
dans une approche de santé responsable, holistique et intégrée.

 

                                                                                                              Virginie Caubert-Bourgogne, octobre 2019

Quelques photos :

 

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